Au Mali, Daech massacre des Touareg

Des brigands massacrent des Touareg

Selon le porte-parole du MSA (Mouvement pour le Salut de l’Azawad), Mohamed Ag Albachar, une bande de brigands a attaqué le campement d’Aklaz, le 26 avril, et celui d’Awakassa, le 27 avril, dans la région de Menaka au Mali. Au total, d’après ses propos, 43 personnes ont été tuées dont les âges s’étalent de 7 ans à 58 ans.

Qui est le MSA (Mouvement pour le Salut de l’Azawad)?

Le MSA est un groupe armé touareg, rallié au gouvernement de Bamako. Il est dirigé par Moussa Ag Acharatoumane et travaille à assurer le retour au calme au Mali tout en défendant l’identité touarègue.

Les populations attaquées à Aklaz et Awakassa appartiennent à l’ethnie des Idaksahak ou Daoussahak qui sont rattachés à la nation touarègue.

Carte de l'Azawad, territoire des Touareg

L’Azawad, le territoire d’implantation des Touareg

Les assaillants, des brigands en quête de butin, se réclament de Daech

Pour Ag Albachar, le porte-parole cité, les attaquants sont motivés par la recherche de butin de guerre. Ils sont constitués d’un mélange de Peulhs, de Touareg et d’Arabes. Le mélange d’ethnies est caractéristique des groupes qui se constituent à des fins de brigandage. Néanmoins, les hommes de ce groupe se réclament de l’idéologie de Daech (l’Etat islamique) donnant ainsi une coloration idéologique à leurs attaques.

Les Peulhs…

L’appartenance peulhe de plusieurs des attaquants nous fait cependant réagir. Les Peulhs et les Idaksahak ont en effet une longue histoire conflictuelle, les uns et les autres cohabitant avec leurs bêtes sur des pâturages proches. D’autre part, les Peulhs, du Sénégal jusqu’au nord du Nigeria, ont formé historiquement l’avant-garde de l’avancée islamique dans la région sahélienne. Usman Dan Fodio, fondateur du sultanat de Sokoto (au Nigeria), était lui-même un Peulh.

Les Peulhs gardent l’orgueil du rôle joué dans la conversion des populations de la région à l’islam. On trouve donc chez eux un terrain favorable au recrutement pour le compte d’Al-Qaïda ou de Daech.

L’instabilité de la région

A cela s’ajoute les conditions d’instabilité propres à la région sahélienne. Nous les avions évoquées dans un article publié par le « Centre de Recherches sur le Terrorisme depuis le 11 septembre 2001 » ( Le Niger en otage). Cet article écrit en décembre 2011 après un déplacement au Niger, envisageait le problème à l’échelle de l’ensemble du Sahel.

Déjà, à nos yeux se posaient trois problèmes à régler :

  1. La montée de l’islamisme radical.
  2. L’omniprésence du banditisme alimenté entre autre par le transit de la drogue vers l’Europe.
  3. La nécessité de trouver une solution à la question touarègue dans l’équité mais aussi dans le respect du droit.                   

Aujourd’hui, grâce à l’intervention des autres pays du Sahel et en association avec les Français, ont a évité la naissance d’un émirat islamiste au Mali. Néanmoins, les moyens engagés ne suffisent pas pour assurer la sécurité de pays grands comme plusieurs fois notre pays.

La problématique des touareg reste en suspend

D’autre part, l’alliance franco-africaine n’a pas su régler la question touarègue. La solution à l’insécurité dans le Sahel ne passe-t-elle pas par une meilleure responsabilisation des chefs d’ethnies ? Sans doute aussi par la mise en place d’une véritable police du désert, comme nous l’avions fait avec les méharistes pendant la période coloniale. Les solutions trouvées à l’époque coloniale ne sont pas toutes mauvaises.

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