La cause réelle du mécontentement en Iran

Iran, c’est à Machhad que les manifestations commencent

Le 28 décembre, des manifestations éclataient à Machhad, deuxième ville d’ Iran, puis s’étendaient à une quarantaine de villes du pays. D’abord de quelques centaines de personnes, elles atteignaient bientôt des milliers d’individus.

Les manifestants s’en prennent au mobilier urbain et l’on signale plusieurs attaques de commissariats. Les slogans entendus attaquent le Président de la République, Hassan Rohani, considéré comme un modéré, et le Guide, Ali Khamenei, héritier en titre de l’Imam Khomeiny. Ils dénoncent aussi la situation économique.

Les raisons de la colère des Iraniens

Les raisons de la colère contre le régime ne manquent pas en Iran. Cependant, cette fois, les problèmes économiques semblent s’imposer, au point de dépasser, au moins en partie, l’habituelle scission entre classes bourgeoises, rétives au régime, et catégories populaires fidélisées par celui-ci avec l’argent du pétrole.

Mais alors, pourquoi maintenant, quand l’Iran, depuis la Révolution islamique, n’a jamais brillé par la prospérité de son économie ?

Le budget 2018 de Rohani, allume l’étincelle

Des faits, sinon ignorés du moins oubliés par la presse occidentale, ont pris place. Le 10 décembre, le Président Rohani soumettait le budget de l’année 2018 au Parlement. Point remarquable, il a réduit les subventions de l’État sur les produits de première nécessité de manière drastique, augmentant d’autant les prix pour les consommateurs. Les plus touchés sont le carburant et la nourriture. Les œufs en particulier, d’où le nom de « Révolution des œufs », donné par les Iraniens à leur coup de sang.

On s’étonne, Rohani a été élu sur la base de ses engagements à relever le niveau de vie des Iraniens. Alors, pourquoi ces mesures ?

Les diktats du FMI

Le FMI (Fonds monétaire international) nous en donne la réponse. Le 18 décembre, l’organisation internationale présentait le rapport de fin de mission de son envoyée en Iran, Catriona Purfield.

Celle-ci se disait très satisfaite des résultats obtenus. « La poursuite des progrès, affirmait-elle, vont faciliter la réintégration (de l’Iran) dans le système financier global, en améliorant la transparence et la gouvernance ».

Figuraient dans un court paragraphe les exigences habituelles du FMI, en matière de restrictions budgétaires, pour accorder des lignes de crédits en même temps que sa caution auprès des grandes banques. Parmi ces restrictions énoncées dans le rapport, « la suppression des coûteuses subventions » à la consommation. 

Les effets pervers des conditions du FMI sur l’Iran

En clair, comme il l’a fait dans nombre de pays en difficulté, on se souvient de la Grèce, le FMI a imposé ses conditions pour aider l’Iran et l’intégrer dans le système financier international.

Toujours avec les mêmes conséquences : le peuple, en particulier les plus démunis payent la note en se serrant un peu plus la ceinture. Voilà pourquoi les Iraniens sont descendus dans la rue. Les motivations traditionnelles, comme le rejet de la bigoterie islamiste par une partie de la population, n’ont fait que s’y ajouter.

Mais, on ne voit toujours pas ce qui a pu amener Rohani à provoquer une crise dont il se serait bien passé. Après tout, l’Iran a bien vécu relativement coupé du monde depuis la Révolution de 1979.

Pour que les affaires des milieux financiers continuent de prospérer

Pour comprendre, il faut connaître les aspirations profondes du gouvernement de Rohani. L’appartenance idéologique de ses membres nous l’indique. D’abord, l’un de ses vice-présidents s’appelle Mohammad Bagher Nobakht. Il dirige l’Organisation de la planification et du budget, supprimée un temps par le Président Ahmadinejad en raison de sa proximité des structures économiques mondialistes comme le FMI. Il est à la tête du Parti du Développement et de la Modération proche du milieu des affaires.

Le clan des « amis » de Rafsandjani

Khameneï, Guide suprême de la république islamique d' Iran

Khameneï, « Guide de la République islamique d’ Iran », et feu Rafsandjani: une complicité jamais démentie

 Cette inclination du gouvernement transparaît encore mieux quand on découvre plusieurs personnalités autrefois associées au Président Ali Akbar Rafsandjani (aux affaires de 1988 à 1997) dans le gouvernement. Or, l’on connaît ce dernier pour s’être constitué une fortune colossale en profitant de ses positions dans les institutions dirigeantes du pays. Il n’avait jamais caché sa proximité de la finance iranienne, mais aussi étrangère.

Parmi ces personnalités, figure Eshagh Jahangiri, le premier des vice-présidents. Il avait été nommé gouverneur d’Ispahan par Rafsandjani en 1992.

On voit aussi Bijan Namadar Zangeneh, actuel ministre du pétrole, qui a fait une longue carrière à la tête du ministère de l’Énergie sous Rafsandjani.

Autre nom, Mohammad-Ali Najafi, l’actuel maire de Téhéran, lui aussi un proche du Président, qui a servi comme ministre de l’Éducation avec Rafsandjani.

Dans tous les cabinets ministériels on retrouve de ces technocrates, autrefois au service de Rafsandjani, qui, tout en étant des soutiens indéfectibles du régime islamiste, souhaitent une ouverture économique sur le reste de la planète afin de permettre aux milieux d’affaires d’arrondir leurs fortunes.

Or, ils savent que cela passe par la soumission aux diktats du FMI. D’où les accords passés mis en exergue par le rapport de fin de mission évoqué plus haut.

Problème, tout le monde sait la suppression brutale des subventions aux produits de première nécessité suscitant toujours l’augmentation des prix et partout la colère des plus touchés, les classes populaires. Le Président Rohani s’est sans doute cru protégé par son image d’homme d’ouverture. En ce cas, il s’est trompé.

Quant aux gens du FMI et à ceux qui les pilotent, ils ne pouvaient pas ignorer que la suppression des subventions allait susciter une vague de mécontentement générale.

Aujourd’hui, les autorités iraniennes accusent les puissances étrangères d’organiser les troubles et de diriger les émeutes. On sourit quand on connaît la dextérité des services iraniens pour quadriller le pays. En fait, les décideurs du pays se sont probablement piégés eux-mêmes en cédant aux demandes du FMI. Non que la suppression des subventions ne soit pas nécessaire, mais parce qu’elle aurait dû être étalée dans le temps.

Rohani accuse les Moujahidine-e-Khalq

Quant à imaginer, comme l’affirme Rohani, les Moujahidine-e-Khalq (1) menant les manifestations, on tombe dans le délire. Il faut savoir cette organisation honnie par l’immense majorité des Iraniens. Non parce qu’elle a été qualifiée de terroriste pendant longtemps par l’Union européenne et les Nations Unies, mais en raison de son alliance avec l’Irak, pendant la guerre qui opposa ce pays à l’Iran dans le courant des années 80.

Aujourd’hui basée à Auvers sur Oise, dans la région parisienne, elle sert de monnaie d’échange dans les négociations entre Paris et Téhéran. En Iran, ses agents seraient rapidement démasqués et livrés à la police, ce quelle que soit la tendance politique des Iraniens.

D’un côté, nous restons convaincus de la nécessité d’exercer de fortes pressions sur le pouvoir iranien pour l’amener à un comportement moins provocateur à force de manipulations à travers le monde (2). De l’autre, nous croyons dangereux de pousser ce pays à la faute pour susciter des troubles, comme nous soupçonnons certains de l’avoir fait en se servant du FMI. Parce que cela ne peut que déboucher sur une guerre civile si le calme ne revient pas rapidement. Certes, cela affaiblirait l’Iran sur le front syrien, ce dont on ne peut que se réjouir. Mais en ajoutant à l’instabilité générale dans un Moyen-Orient déjà au bord de l’implosion.

 Alain Chevalérias

Notes

 

Le référendum en Nouvelle-Calédonie s’ouvre sur un dilemme

La Nouvelle-Calédonie figée entre deux époques

Le 30 octobre, Emmanuel Macron recevait les élus de Nouvelle-Calédonie. Deux jours plus tard, Édouard Philippe se livrait au même exercice à Matignon. L’un et l’autre se rendront à Nouméa dans le mois qui viennent. La crise catalane fait des vagues et s’il y a une chose crainte au plus haut point à Paris, c’est une explosion de violence, suivie d’une obligation de reprise en main musclée du territoire néo-calédonien. Une situation qui s’avérerait difficile à gérer quand, partant d’une grille de lecture obsolète, l’Union européenne, comme les Nations Unies, voient dans ce territoire un pays à « décoloniser ».

Posons les prémisses de cet imbroglio. Habitée par des Kanaks, la Nouvelle-Calédonie a été déclarée colonie française le 24 septembre 1853. Fait notable, avec l’Algérie, elle fut le seul territoire de peuplement de l’Empire Français. Les installations de colons se firent par vagues successives. Elles se soldèrent par le refoulement des indigènes dans le nord de l’île.

Erreur notable, l’école, comme sur nos autres terres d’Asie et d’Afrique, n’y était pas obligatoire. Il en résulta un développement séparé, la paupérisation des Kanaks et leur accès au suffrage universel seulement en 1957. Pour être honnête, il n’avait été accordé aux femmes qu’en 1944 sur le territoire métropolitain. Nous parlons aussi d’autres temps et d’autres mœurs.

Sur ce petit territoire, la France a néanmoins des intérêts. Un positionnement stratégique et des mines de nickel, dont la Nouvelle-Calédonie est le 6ème producteur mondial. Les Kanaks cependant ne sont plus que 40% de la population, la majorité étant constituée d’Européens, surnommés Caldoches, auxquels s’ajoutent des migrants de tous horizons y compris des Vietnamiens.

Aspirations indépendantistes en Nouvelle-Calédonie

Cependant, jusqu’ici quasi inexistantes, les pulsions indépendantistes naissent chez les Kanaks avec l’onde de choc de mai 1968. En 1981, l’élection de François Mitterrand et son discours tiers-mondiste font le reste. Déçus du peu d’empressement du gouvernement socialiste à satisfaire leurs attentes, les Kanaks, en novembre 1984, lancent alors un mouvement contestataire. La violence monte. À la fin du mois, on compte les trois premiers morts au cours d’une fusillade. Un jeune Caldoche de 17 ans,  Yves Tual, sera tué par les indépendantistes en janvier. Les affrontements et les décès se multiplient. Les pays se retrouve en état d’insurrection.

Le référendum de 1987, le NON écrasant

Un référendum prend place le 13 septembre 1987. Il donne 98,3% des suffrages contre l’indépendance avec une participation de 59,1% des inscrits. Parmi les Kanaks, les indépendantistes n’ont pas voté.

Nouvelle-Calédonie. Accords de Matignon.

Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, les deux leaders de la Nouvelle-Calédonie. Juin 1988.

 

En avril 1988, la violence est à nouveau à son apogée avec la prise de gendarmes en otages à Ouvéa. Il faut l’intervention de l’armée. Puis ce sera les accords de Matignon, au mois de juin, qui reportent l’échéance de dix ans, la mort aussi, un an plus tard, du leader indépendantiste, Jean-Marie Tjibaou, assassiné par un de ses militants en opposition avec ces accords.

Le prochain référendum prévu pour 2018

Mais en 1998, conscients qu’une nouvelle consultation mettrait le feu aux poudres, les décideurs repoussent le référendum entre 2014 et 2018. L’année prochaine !  Une manière aussi de se débarrasser du problème sur la génération à venir.

Le fond du problème, qui aura  le droit de vote ?

Toute la problématique se résume finalement à un point : qui aura le droit de voter au référendum ? Que tous les résidents de nationalité française soient convoqués aux urnes et les indépendantistes perdront. La Nouvelle-Calédonie restant française, les violences reprendront. Mais que l’on restreigne le vote aux seuls Kanaks, comme ils l’exigent, et c’est un viol de notre droit. Un déni de justice pour la majorité des Français d’origines diverses dont les ancêtres sont installés en Nouvelle-Calédonie, pour certains d’entre eux depuis plus d’un siècle.

Macron et ses gentils marcheurs au pouvoir ont une équation compliquée à résoudre : comment préserver les intérêts de la France, tout en satisfaisant les Kanaks, mais en assurant l’avenir, les droits, la sécurité des biens et des personnes qui ont fait la richesse de l’île. En d’autres termes, comment éviter un nouveau bain de sang, comme en Algérie, et une nouvelle injustice, identique à celle infligée aux Pieds-noirs en 1962 ?                         

Les Kurdes d’Irak veulent le pouvoir sur les chrétiens, le cas d’ Alqosh

Un maire chrétien viré par Barzani

Le 16 juillet dernier, le maire d’Alqosh, Faez Abed Jawahreh, un chrétien élu en 2014, a été limogé par Massoud Barzani. Ce dernier l’a remplacé par un Kurde qui lui est tout dévoué : Adel Amin Omar.

Massoud Barzani exerce les fonctions de président de la région autonome du Kurdistan irakien. Aux yeux des Kurdes, en grande majorité des musulmans sunnites, il apparaît comme le héros de l’indépendance annoncée.

Alqosh, trahie par Barzani est livrée à Daech

Alqosh ou Kar Aqosh, ville chrétienne du Kurdistan irakien

Tombes assyriennes. Alqosh


Alqosh
, en revanche, est une ville chrétienne, à l’image de nombreuses agglomérations du nord de la plaine de Ninive. Or, en août 2014, quand les hommes de Daech s’emparaient de la région, Barzani a donné l’ordre à ses troupes de se replier, abandonnant ainsi le territoire et ses habitants aux jihadistes.

Aprés l’éviction de Daech…

Certes, depuis, les Kurdes ont participé à la reprise d’Alqosh et de quelques villes chrétiennes en chassant les combattants de Daech avec l’armée irakienne soutenue par les Occidentaux. Mais les habitants se sentent trahis après bientôt trois ans de tyrannie et de crimes des islamistes radicaux.

Barzani veut le contrôle total

Très irrités par l’éviction de leur maire, que Barzani accusait de corruption sans donner de preuves, le 20 juillet les citoyens d’Alqosh sont descendus dans la rue. Ils portaient des drapeaux irakiens et des pancartes en trois langues : l’arabe, l’anglais et l’araméen qui reste leur langue. Ils n’arboraient ni drapeaux ni slogans en kurde.

Barzani s’est affolé d’une démonstration qui remet en question sa volonté d’annexer les populations chrétiennes du nord de l’Irak dans son projet indépendantiste kurde. Il a alors nommé, en remplacement d’Adel Amin Omar, « son » maire, une jeune femme du nom de Lara Yousif. C’est une chaldéenne, une chrétienne donc, qui appartient au PDK (Parti démocratique du Kurdistan) dirigé par la famille Barzani.

Or, le 25 septembre dernier, un référendum avait lieu au cours duquel les résidents de la région s’exprimaient sur le statut du futur Kurdistan. Victimes des trahisons et des poussées d’autoritarisme de Barzani, les chrétiens ne risquaient pas de voter oui à l’indépendance du Kurdistan.

Les chrétiens d’Irak n’ont pas non plus oublié le passé. À l’occasion de la Première Guerre mondiale, quand les Turcs massacraient les Arméniens, les Kurdes prêtaient la main aux assassins. En Irak, les mêmes Kurdes en ont profité pour éliminer nombre de chrétiens appelés chaldéens et assyriens * vivant dans le.s mêmes montagne qu’eux.

* Les chrétiens d’Irak appartiennent à de nombreuses branches. Néanmoins, les deux confessions principales sont les chaldéens et les assyriens. Elles sont toutes deux issues du nestorianisme, branche du christianisme née au Ve siècle de l’hérésie de Nestorius. Les assyriens sont restés fidèles à leur idéologie et y ont ajouté des sentiments nationalistes en  s’estimant les héritiers de l’ancien empire assyrien (2ème  millénaire av. JC). Les chaldéens ont rejoint l’Eglise de Rome tout en gardant leur propre rite liturgique.

Sleeping Giants: Après les USA, offensive contre la presse rebelle en France

Sleeping Giants s’attaque aux fake news… avec hypocrisie

Donald Trump et Hillary Clinton

Les médias proches de Trump, cible des Sleeping Giants

L’opération est partie des États-Unis à la suite de l’élection de Donald Trump en 2016. Des individus de gauche ont estimé la victoire de leur adversaire le résultat de la propagation de fausses nouvelles, des « fake news », sur Internet. Ils ont alors décidé, pour paralyser ces sites, de s’en prendre à leurs subsides, les publicités dont ils vivent. Ces gens, qui travaillent dans l’anonymat, se sont donné le nom de « Sleeping Giants », les « Géants endormis » en français.

Breitbart News, média Internet visé…

Le premier de leur objectif a été Breitbart News, le media créé par Steve Bannon, un moment conseiller de Trump à la Maison Blanche et l’un de ses soutiens les plus actifs pendant la campagne.

Mais comment toucher un media Internet ?

Il faut savoir ces structures dépendant d’un système de publicité dite programmée. Pour faire simple, des robots publient sur les sites les plus fréquentés les publicités de leurs clients. Parmi ces derniers figurent tous les poids lourds de l’industrie de consommation comme Coca-cola ou McDonald’s.  En échange, les sites porteurs de ces annonces publicitaires reçoivent un léger dédommagement à chaque visite d’un internaute. Pour ceux jouissant d’un nombre de consultations important, comme Breibart News, c’est le jackpot.

En attaquant ses revenus publicitaires.. des entreprises retirent leurs pubs

Les Sleeping Giants ont donc approché un par un les patrons des entreprises qui financent, parfois sans le savoir, Breitbart News. Ajoutant quelques mots susurrés, sur l’effet pernicieux qu’aurait la divulgation de leur soutien au site de Bannon auprès du grand public, les démarcheurs des Sleeping Giants ont vite obtenu de ces prudents patrons le retrait de leurs pubs de  Breitbart News. Il y a un mois, nos Géants, pas si endormis que ça, annonçaient que 2500 entreprises avaient retiré leurs annonces.

Mais quels arguments présentent les Sleeping Giants ? Ils disent ouvertement s’attaquer aux sites qui promeuvent « la bigoterie, le sexisme et le racisme ». Mais où cela commence-t-il ? « Les réseaux tels que Breitbart, affirment-ils, constituent une véritable menace pour les sociétés ouvertes et le discours démocratique ».

On comprend, un peu comme les Bolchéviques, les goulags en moins, ils ont le monopole de la vérité et sont à eux seuls la démocratie. 

Nous ne défendons pas Breitbart, mais la liberté d’informer. Si d’aventure des propos mensongers ou enfreignant la loi sont publiés sur son site, il serait plus « démocratique » de l’attaquer en justice.

Liberté de la presse contre les fake news ?

Bien sûr, il y a les fameuses « fake news ». Nous en voyons fleurir dans des médias classés à l’extrême droite, accompagnés parfois d’idées que nous ne partageons pas. Mais il en surgit aussi sous la plume de structures gauchistes, sionistes ou communistes sans que personne, pas même nous, ne demande pour autant leur fermeture. La démocratie, faut-il le rappeler, laisse à chacun le droit d’avoir « sa » vérité, dans les limites de la décence et de la bonne foi. Du moins en théorie…

Un mouvement qui s’étend

Nous nous inquiétons car le mouvement des Sleeping Giants s’étend. Les « conservateurs », de leur propre aveu, sont devenu leur cible avec « The rebel Media » au Canada. En France, ils ont lancé une campagne contre « Boulevard Voltaire », le site de Robert Ménard.

Reste une question d’importance : qui sont les Sleeping Giants ? Agissant sous le couvert de l’anonymat, ils sont protégés par le secret. Une fois encore, on perçoit la dangerosité, pour la démocratie, des individus organisés en sociétés secrètes.

Marlène Schiappa, femme de pouvoir

Marlène Schiappa

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes

Notre pittoresque secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, enchaîne les actions et engagements féministes aux accents provocateurs.

Vaste programme: « gender budgeting », amendes pour harcèlement de rue, PMA pour tous…


En juillet, elle parlait d’accorder un « CAP petite enfance », principalement pour les mères retournant au travail. Quelques jours plus tard, elle suggérait la création du « gender budgeting », un terme inspiré par son anglomanie pour que l’argent de l’État soit réparti à égalité entre les femmes et les hommes. Pince-sans-rire, à droite, quelques-uns se gaussaient voyant là un bon moyen de réduire les finances de l’armée. Schiappa n’a pourtant pas à se plaindre, le budget de son secrétariat d’État est l’un des seuls à ne pas avoir été rogné par souci d’économie. Sur sa lancée, elle nous faisait une belle rentrée : le 12 septembre, devant la presse convoquée, elle affichait sur le portail d’entrée de ses bureaux la liste des dix plus mauvaises entreprises en matière d’égalité hommes-femmes. Dans la même journée, elle promettait sur RMC de faire punir par des amendes le « harcèlement sexuel de rue ». Au cours de la même émission, elle annonçait la PMA (procréation médicale assistée) « pour tous ». Enfin, toutes les femmes. Cela pour mettre fin à une « forme de discrimination à l’égard des femmes lesbiennes et célibataires ».  Elle devrait pourtant s’interroger sur l’importance d’un papa, elle qui a préféré le sien à sa mère à l’âge de 13 ans et demi. Une autre femme qui a parfois le mot juste, une certaine Ludovine de La Rochère, se posait justement la question : « Peut-on priver délibérément un enfant de père ? » Cela fait beaucoup au crédit, ou plutôt au discrédit, de cette Marlène dont bien peu de soldats  voudraient. On se demande quelle mouche a piqué cette adepte de la « féminocratie » totalitaire…

L’enfance de Marlène Schiappa

Tout commence pour elle à sa naissance. Son père, Jean-Marc Schiappa, a semble-t-il fait planer de mauvaises ondes sur son berceau. C’est un spécialiste de la vie et de la pensée de Gracchus Babeuf, ce révolutionnaire illuminé et anticlérical reconnu précurseur du communisme par Marx et Engels.

papa Schiappa, un trotskiste assumé

Spécialiste de Babeuf ! Nous devrions plutôt dire obsédé jusqu’à avoir écrit plusieurs livres sur cet inconnu de l’opinion. Il est aussi président de l’IRELP (Institut de la Libre Pensée) créé par la Fédération de la Libre Pensée dirigée par Marc Blondel. Enfin, c’est un proche de Daniel Gluckstein (1) , responsable trotskiste de la tendance dite lambertiste. On lit même que le père Schiappa a « trimballé » sa fille « dans ses tractages et manifs. Des réunions de cellule lambertiste se tiennent à la maison » (2).
À mourir de rire, elle avoue : « Enfant, je croyais que Trotski et Marx étaient des amis ». En clair, elle a reçu le virus bien avant son premier flirt. On cherche encore le remède.

Les aspirations professionnelles de ce père, pardon de le dire plus déformateur que formateur, ne pouvaient pas s’épanouir partout. En bon militant infiltrant le système, il est d’abord délégué syndical de Force ouvrière à la Caisse d’allocations familiales de Paris. Puis il passe le CAPES et devient professeur d’histoire-géographie dans un collège de Créteil.

Marlène Schiappa voit dans le féminisme un créneau porteur

Mais la petite Marlène est une fine mouche. Elle a compris les rabâchages  gauchistes ne passionnant pas les auditoires. C’est en s’appuyant sur un féminisme ultra-provocateur qu’elle décide de tailler sa route. En 2008, âgée de 26 ans, elle lance un blog sur Internet : le réseau « Maman Travaille ». Une bonne idée ! Elle se sert de sa propre expérience, comme jeune mère, pour multiplier les exigences. Elle sait, dans notre société, les revendications d’aides et de subventions toujours trouver preneurs. C’est un bon moyen pour se mettre en avant du jeu politique.

Un blog très romantique pour « écrire à son utérus« …

Maniant habilement sa communication, et à force de travail faut-il dire, son blog est un succès. Elle compte 8 000 visiteurs par jour. Alors, elle fonde une association sur la même thématique. Puis elle se lance dans l’écriture de livres. Globalement, elle s’investit là aussi dans le créneau de la pauvre femme victime de la société. Ça marche ! Elle fait néanmoins quelques dérapages. Par exemple  avec « Lettres à mon utérus », un titre pas très romantique, qu’elle publie en 2016.

et un livre pour faire la promotion sexuelle des femmes rondes

Il y a aussi « Osez l’amour des rondes », comprenez « des grosses », en 2010. Certains passages de l’ouvrage vont jusqu’à vanter de manière assez vulgaire  les  prestations sexuelles « des rondes », laissant poindre un rien de frustration féminine. Oserons-nous suggérer, à cette égérie du féminisme castrateur, que ses emportements idéologiques sont sans doute bien plus responsables de l’absence de soupirants devant sa porte que ses courbes un peu prononcées ?

Le sujet semble néanmoins tarauder la dame au point que toute la presse lui attribue à tort ou à raison une série de  livres érotiques sous pseudo. Jouer les féministes ou être aimée, il faut choisir !

Les harceleurs de La Chapelle-Pajol boudent Marlène Schiappa

Le cas de notre secrétaire d’État semble désespéré. Le 12 juin dernier, elle s’est fait filmer traversant le quartier de La Chapelle-Pajol. En jupe courte s’il vous plaît. Objectif recherché, révéler le harcèlement dont sont victimes les femmes, dans cette zone populaire de la capitale, à forte densité immigrée. Alors que, quinze jours plus tôt, deux femmes se plaignaient des satyres qui hanteraient l’endroit, le passage de la malheu-reuse Marlène Schiappa n’est même pas sifflée. Le comble ! Du coup, elle a retiré le film de son compte Twitter.

Elle veut accéder au monde de  la politique

Tout cela n’est en fait qu’amusement. Elle sait ce qu’elle veut : accéder au monde politique. Elle s’inscrit sur le parcours. En mars 2014, elle rejoint la liste du maire socialiste Jean-Claude Boulard. Elle se retrouve conseillère municipale. Bien sûr, elle joue la carte de l’immigration en créant avec Assia Benziane, du Front de Gauche, le « Mouvement des élu(e)s français(e)s pour l’égalité ». Aux départementales de la Sarthe, en 2015, elle est battue.

Marlène au cabinet de Laurence Rossignol, une ex-trotskiste

On lui tend la main : en mars 2016, Laurence Rossignol la nomme à son cabinet. Rossignol est alors ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes. En outre, elle a commencé en politique à la LCR, la Ligue communiste révolutionnaire, l’autre parti trotskiste. Voilà qui crée des affinités avec papa Schiappa.  Mais le béguin ne dure pas. Affaire d’ego semble-t-il, la mission prend fin en juin et n’est pas renouvelée.

Marlène atteinte de macronite devient secrétaire d’Etat

Marlène joue alors Emmanuel Macron. Avant même le démarrage officiel de la campagne présidentielle, elle fait partie de ses groupies. Elle devient l’un de ses cent délégués sur le territoire français. Jusqu’à décrocher le jackpot : son secrétariat d’État.

On peut regarder tout cela avec détachement. C’est pourtant à une mutation de la société à laquelle nous assistons. D’un côté Macron impose des règles ultra-libérales qui le ferait passer pour un homme de droite. De l’autre, il laisse prospérer sous son aile les tendances les plus extrêmes et les plus pernicieuses de la gauche.

Nous entrons bien dans un nouveau monde : celui du mondialisme triomphant des multinationales associé à l’ultra libertarisme des individus. Le veau d’or  pour emblème dans le domaine publique, mais ni Dieu ni maître dans la vie privée. Quand, d’un côté on nous fait plier sous le joug de lois économiques, de l’autre, et en compensation, on nous offre l’effacement des règles morales.

La société concoctée par Macron sert ainsi les intérêts financiers des Rothschild et les aspirations des gauchistes de la mouvance trotskiste. Reste à savoir jusqu’où peut aller cette alliance contre nature. Car, un jour, pour le pouvoir total ou divergeant sur le plan économique, ces deux tendances se retrouveront en conflit. Ce sera la rue contre la finance. Entre temps, notre société, ses traditions, ses valeurs et l’attachement au pays auront été balayés. Il ne restera que l’appât du gain et le goût des jouissances basses et ordinaires.

 Notes

  • (1) Nous avons interviewé Daniel Gluckstein en juin 2001 pour le compte du « Figaro-Magazine ». Il dirigeait alors le Parti des travailleurs. Le pauvre homme se demande encore pourquoi ses arguments ne sont pas parvenus à nous convaincre.
  • (2) In « Le Monde » du 16 août 2017.

Guerre de l’information en Syrie

Les Américains ont-ils affrété des avions d’Azerbaïdjan pour armer les ultra radicaux islamistes en Syrie?

La chute d’Alep aux mains du régime syrien…

Tout commence à Alep en décembre 2016. Une journaliste d’une trentaine d’années envoyée par le journal bulgare « Trud », Dilyana Gaytandzieva, est en reportage sur place. On est alors dans le contexte de la chute de la ville aux mains du régime de Bachar Al-Assad.

dilyana-Gaytanzieva devant une caisse de munitions- Alep, Syrie

Dilyana Gaytanzieva dans les entrepôts à Alep

Des éléments proches de l’appareil d’État conduisent Dilyana sur le site de neuf entrepôts souterrains d’armes dans l’est d’Alep. Certaines caisses portent des étiquettes établissant que ces armes viennent de Bulgarie. La jeune femme filme les lieux et les documents.

Des entrepôts abandonnés et des armes financées par les Américains en provenance de Bulgarie

Point qu’elle ne peut avoir inventé, quand elle rédige son papier, elle affirme que ces entrepôts appartenaient au mouvement Al-Nosra, le groupe affilié à Al-Qaïda, avant la chute d’Alep. Néanmoins, elle ne donne aucune preuve. Elle semble, pour soutenir cette affirmation, s’être contentée des déclarations des représentants du pouvoir syrien ou de ses proches.

De retour en Bulgarie, des informations lui parviennent par enchantement

Dilyana avait eu la chance d’être amenée dans les entrepôts souterrains à Alep.
De retour en Bulgarie, le sort lui est à nouveau favorable. Des âmes généreuses bien qu‘anonymes lui donnent des copies de documents émanant de communications entre les autorités bulgares et l’ambassade d’Azerbaïdjan à Sofia.

C’est du lourd ! Il s’agit de demandes de couverture diplomatique pour des avions de la compagnie aérienne azerbaïdjanaise « Silk Way » afin de transporter des armes.

Demande d’exemption de contrôle

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Copie du document « Exemption de contrôle », cargaison qui aurait atterri en Syrie

Le document ci-contre, l’un des nombreux publiés, est une exemption de contrôle « pour le transport de marchandises dangereuses » accordée par les autorités bulgares. Elle est au nom de la compagnie « Silk Way » pour un vol allant de KJFK (aéroport John F. Kennedy de New York) à UBBB (aéroport international Heydar Aliev de Bakou, Azerbaïdjan) puis ORBI (aéroport international de Bagdad, Irak) (1). Le vol était programmé pour le 28 mai 2017.

Des munitions américaines destinées au gouvernement irakien

Plus important, l’affréteur ou envoyeur est « Chemring Ordnance INC, USA », un fabriquant de munitions américain. Le ministère irakien de l’Intérieur apparaît comme le destinataire.  En clair, cela signifie que les États-Unis ont fourni des munitions au gouvernement irakien qui combat Daech (l’État islamique) dans le nord du pays.

Certes, l’opération n’est pas facile à expliquer d’un point de vue politique. Les autorités irakiennes sont en effet très liées à l’Iran avec lequel les États-Unis sont en délicatesse.

Néanmoins, dans le cadre de l’intervention alliée contre Daech, l’armée américaine collabore sur le terrain avec l’armée irakienne. Il n’y a donc rien d’étonnant dans cette livraison de munitions.

Confirmant la véracité de ces transports d’armes vers le Moyen-Orient, une ONG américaine a elle-même publié un rapport. Il s’agit de l’OCCRP (2) (Organized Crime and Corruption Reporting Project).

Dans un rapport non daté qui ne peut pas remonter avant juillet 2016, on lit : « Le BIRN (3) et l’OCCRP  ont identifié 68 cargos aériens (dont 50 confirmés comme transportant des armes et des munitions et 18 supposés tel) de Serbie, de Slovaquie, de Bulgarie et de la République tchèque à destination de trois fournisseurs clés des rebelles syriens : l’Arabie Saoudite, la Jordanie et les Émirats arabes Unis. Quelques-uns de ces vols se sont arrêtés en Europe centrale et en Europe de l’est avant de poursuivre leur route vers le Moyen-Orient ».  Dilyana parlait de 350 vols, au cours des trois dernières années, mais n’évoquait que la compagnie « Silk Way ». 

Sur un tableau, figurent bien, parmi les noms des transporteurs, celui de « Silk Way », mais aussi ceux de « Ruby Star Airways », compagnie la plus citée basée à Minsk en Biélorussie, de « National Airlines », d’Orlando aux États-Unis, de « TransAVIAexport Airlines », autre société biélorusse, ou d’ « Air Cargo Global », sous couleurs slovaques.

Obama lui aussi livrait des armes aux rebelles syriens…

Ce n’est cependant pas une révélation que les Américains livrent des armes aux rebelles syriens. Ils le disent officiellement depuis 2013, quand la décision a été prise par Barack Obama. Donald Trump a du reste annulé ce programme en juin dernier. Sa décision a été rendue publique le 19 juillet 2017.

Citant des officiels américains, le « Washington Post » a évoqué « l’intérêt de M. Trump à trouver des moyens de travailler avec la Russie » car cette dernière, précise le journal, « considérait ce programme anti-Assad comme une agression contre ses intérêts ».

Le fond du problème: à qui étaient destinées les armes envoyées vers la Syrie?

Or, on s’en doute, ces armes ne pouvaient qu’emprunter un itinéraire tordu. Un peu comme celui utilisé par les Russes pour armer le Vietminh, pendant la guerre du Vietnam, ou les Iraniens aujourd’hui pour approvisionner en missiles le Hezbollah.

Il n’y a donc rien de nouveau dans les faits connus. Tout est dans la formulation : les Américains disent avoir armé les « rebelles syriens » dits modérés. Dilyana, notre journaliste bulgare, elle, affirme autre chose. Elle parle « d’armes fournies aux terroristes en Syrie » par les États-Unis (4).

Dilyana n’a sans doute pas l’expertise nécessaire pour évaluer la situation

Elle appuie son propos sur le fait que les armes qu’elle a vues à Alep auraient appartenu à la branche syrienne d’Al-Qaïda. Mais, comme nous l’avons compris plus haut, sans donner de preuves. Ou bien elle se contente de la parole de ses guides, comme nous l’avons aussi précisé plus haut forcément liés au régime syrien. Ou bien elle reprend la terminologie des maîtres de Damas qui qualifient de terroristes les rebelles en faveur d’un système démocratique.

Certes, on ne peut éliminer la possibilité d’une livraison cachée de la CIA à un groupe terroriste. Mais ce n’est qu’une possibilité.

En outre, Dilyana oublie une alternative. Si la  branche syrienne d’Al-Qaïda était bien la propriétaire de ces armes, elle pouvait aussi les avoir prises à des groupes de rebelles modérés. Le propos de la journaliste, évoquant des « armes fournies aux terroristes », apparaît comme un raccourci, voire pire, comme le résultat très possible d’une désinformation dont elle aurait été la première victime.

La presse Internet reprend aveuglément l’interprétation biaisée de Dilyana sans aucune vérification ni réflexion

S’il y a volonté d’influencer l’opinion à travers Dilyana, de la part de manipulateurs, avouons qu’ils ont bien réussi leur coup. La presse Internet contestataire, de droite comme de gauche, a repris goulûment l’idée évoquant « les livraisons d’armes aux terroristes » par les Américains.  

L’affaire pouvait s’arrêter là, mais c’est mal connaître le manque de grandeur, additionné d’un sens de la prudence confinant à la lâcheté, de la presse occidentale dans laquelle se range désormais celle de la Bulgarie. Le 24 août dernier, Dilyana annonce qu’elle a été licenciée de sa publication après avoir été interrogée le même jour par les services de renseignement bulgares. Les méthodes communistes étant révolues en Bulgarie, avouons qu’elle s’en sort bien !

Les médias Internet, eux, s’en donnent à cœur joie. Maintenant ils titrent : « Une journaliste virée après avoir révélé des livraisons d’armes occidentales aux terroristes en Syrie » (5). La grande presse se tait. Comme les autorités américaines du reste.

Bien sûr, tout cela n’est pas facile à expliquer. Mais, à se taire, on amplifie l’impression d’une partie croissante du public que tout se décide dans son dos. Aux yeux de l’opinion, à moitié vraie, cette réalité devient alors la vérité absolue.

Dans l’affaire ci-dessus, se retrouvent principales victimes ceux qui se sont battus pour une Syrie libre des islamistes et du régime des Assad. En tirent profit ce régime et sans doute les Russes. Au Moyen-Orient, la Syrie est devenue l’épicentre d’une guerre de proxys entre Washington et Moscou. Trump ne peut échapper à cette dynamique. Les pays européens parviendront-ils a éviter le pire? Le vote de la résolution 2373 du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour le renouvellement du mandat de la FINUL, révèle qu’ils ont encore leur mot à dire. A cette occasion, pour une fois, les Français ont bien joué.

Notes

  • (1) Dans les documents aériens officiels, les aéroports internationaux sont désignés sous un code.
  • (2) Au passage, signalons que l’OCCRP est financée entre autres par l’US-AID et le  Département d’État américain.
  •  (3) Birn : « Balkan Investigative Reporting Network » (Réseau balkanique de reportages d’investigation). Cette organisation est largement soutenue par des financements émanant de pays occidentaux.
  • (4) Nous nous appuyons sur son message daté du 24 août 2017.
  • (5) Mediapart, 5 septembre 2017.

Les Russes ont-ils financé le gaz sarin de la Syrie ?

LE gaz sarin en syrie …

L’attaque du 21 août 2013 au gaz sarin, sur des zones rebelles au régime de Bachar Al-Assad, fait encore des vagues. Le régime affirme que ses adversaires se sont tirés dessus. Peu crédible, mais sait-on jamais ! Les Nations Unies néanmoins soutiennent que les attaquants ont prélevé le sarin sur les stocks de l’armée syrienne. Dans un rapport, le ministère français à la Défense a pour sa part parler du CERS ou Centre d’Études et de Recherches Scientifiques, une unité de l’armée syrienne en charge de la gestion et de la manipulation des gaz de combat.

Peut-on croire les Américains?

Certes les Américains nous ont laissé quelques souvenirs gênants : par exemple le 5 février 2003, quand Colin Powell, alors secrétaire d’État, brandissait un dossier de preuves fabriquées devant le Conseil de sécurité pour inciter ses membres à voter la guerre contre l’Irak. S’ils sont corroborés par d’autres sources, les indices et les informations apportés par Washington ne peuvent cependant pas être écartés d’un revers de main. En pareil cas, laissons au moins prévaloir le bénéfice du doute au profit des Américains.

Informations américaines sur l’approvisionnement en produits et équipements du CERS de l’armée syrienne

Or, selon les autorités de Washington, Issa Al-Zeydi, double national russe et syrien, en outre propriétaire de la société Balec Trading Ventures Ltd, a reçu en 2006 sur le compte de sa société la somme de 1,1 million de dollars. Cet argent venait d’un Russe du nom d’Alexander Perepilichny et a transité par le compte du Crédit Suisse de celui-ci. Début 2008, un second versement de 2,2 millions de dollars a été effectué. Cet argent appartenait à la mafia russe.

Les Américains accusent Al-Zeydi d’avoir approvisionné en produits et équipements sensibles le CERS, comme nous avons vu la structure syrienne de l’arme chimique. L’argent donné par Perepilichny semble avoir été destiné à cet usage. On se demande néanmoins pourquoi un mafieux Russe aurait fait ces généreuses donations à une société appartenant à un Syrien afin de financer la fabrication de gaz de combat. Un autre éclairage apparaît nécessaire.

Perepilichny lié au scandale Magnitski.

Une escroquerie avait permis de soutirer 230 millions de dollars au ministère des Finances russe. Deux témoins gênants sont morts, dont Sergueï Magnitski qui a laissé son nom à l’affaire. Perepilichny est lié à ce scandale. Pour plus d’informations lire :  « Existerait-il une tendance mafieuse au sein du pouvoir russe?   » (sur le site du: Centre de Recherches sur le Terrorisme depuis le 11 septembre 2001)

Balec Trading a servi pour l'achat du gaz sarin utilisé en Syrie

L’ordre de paiement à Balec Trading Ventures.

Plus intrigant encore, chargé de la procédure, Denis Grunis, du Parquet fédéral russe, s’est avéré complice d’un coupable de ce vaste détournement. Il a même protégé ce coupable grâce à ses fonctions. Or cette faute ne lui a valu aucune sanction. Au contraire, il s’est vu promu à un poste supérieur.

Vraie escroquerie ou mise en  scène par le pouvoir russe ?

On en vient à se demander si ce détournement de 230 millions est bien réel. Si, après tout, le pouvoir russe n’a pas organisé lui-même cette fuite d’argent pour financer les armes chimiques syriennes sans se compromettre. L’affaire est grave car elle supposerait un viol de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, qui interdit « leur fabrication, leur stockage et leur usage ». Pour mémoire, cette convention a été signée à Paris le 13 janvier 1993 à Paris.

Plus grave encore, on est en droit de se demander si la Russie ne s’est pas servie de la Syrie pour abriter des stocks de sarin ou de gaz moutarde pour ses propres réserves. Leur dissimulation sur un sol étranger aurait alors pris tout son sens, permettant à Moscou de ne pas violer directement la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (Titre officiel : « Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’usage des armes chimiques et sur leur destruction ». ). La Syrie, faut-il dire, au moment de l’attaque chimique du 21 août 2013, n’était pas signataire de la Convention. Ce pays n’a adhéré que le 14 septembre 2013. Après que les Occidentaux aient menacé d’attaquer.

Lire aussi:   Assad sent-il le gaz?

À quand une nouvelle loi Rothschild ?

Qu’est ce que la loi Rothschild et quel est son impact sur la situation économique française ?

Pompidou et Macron, deux Présidents qui viennent de la banque Rothschild

Georges Pompidou est entré en 1954 à la Banque Rothschild et en est ressorti directeur général en 1958. D’abord membre du Conseil constitutionnel, il deviendra Premier ministre du général De Gaulle, en 1962, puis sera élu Président de la République en 1969 avec 58,21% des suffrages exprimés.

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Emmanuel Macron

Cet itinéraire n’est pas sans nous rappeler celui d’un certain Emmanuel Macron, d’abord élevé au sein de la Commission Attali, sous le Président Nicolas Sarkozy, puis devenu ministre d’État avant de se faire élire lui aussi haut la main par les Français.

La loi n° 73-7 du 3 janvier 1973 ou loi Rotschild

Un an avant de mourir, avec l’aide de son ministre des Finances Valéry Giscard d’Estaing, Pompidou fit passer une législation lourde de conséquences pour les Français : la loi n° 73-7 du 3 janvier 1973. Consacrée à la redéfinition du statut de la Banque de France, que cette loi fût baptisée « loi Rothschild » n’est pas sans raison.

La loi Rothschild interdit à l’État d’emprunter à la Banque de France

Par  l’effet de l’article 25, elle stipule que « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ». Ce jargon pour dire que contrairement à son habitude jusqu’en 1973, l’État français ne peut plus emprunter de l’argent à taux zéro, ou à peine plus, à sa banque centrale. Dorénavant, pour financer ses déficits, il devra s’adresser aux banques privées et payer un intérêt plus que confortable.

Brusquement, Pompidou et Giscard transformaient ainsi les emprunts de l’État français en un lucratif business pour les Banques privées. Selon les analyses, la dette publique accumulée aujourd’hui par la France correspond au montant de l’intérêt. En d’autres termes, à taux zéro, notre dette serait quasiment nulle.

Maastricht: la BCE et les banques centrales des États membres de l’UE n’ont pas le droit d’accorder des prêts ou des crédits aux États

Prouvant bien le caractère concerté de ce passage à un emprunt forcé de l’État auprès des banques privées, le traité de Maastricht, dans son article 104, puis celui de Lisbonne, à l’article 123, réitèrent le principe. Ils interdisent « à la banque centrale européenne et aux banques centrales des États d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions » étatiques.  Ce qui passait aux yeux des Français informés pour une lubie hexagonale s’est depuis révélé une tendance voulue par des décideurs occultes… et mondialistes. Une obligation pour tous les pays de l’Union européenne.

Dans la loi de 1973 ou loi Rothschild, il n’avait fallu qu’une courte phrase pour déposséder notre État d’un droit souverain. Une phrase dont la pleine compréhension n’apparaissait pas forcément au premier regard du citoyen ordinaire.

Avec Macron de nouvelles «  lois Rothschild  » en perspective?

Les mêmes causes engendrant les mêmes effets, nous observons l’arrivée de Macron à l’Élysée avec la plus grande défiance. Des lois, il va beaucoup nous en pondre, puisque l’habitude de séparer les pouvoirs exécutif et législatif s’est perdue sous De Gaulle. Il en tirera argument pour dire qu’il fait quelque chose, le brave homme ! Beaucoup de ces lois seront cependant inutiles. Quelques-unes, en une ligne nébuleuse, pourront engendrer des changements radicaux, des catastrophes irrémédiables. Bien sûr allant toujours dans la même direction : celle inspirée par les banques d’affaires et l’idéologie mondialiste.

Dorénavant, ceux qui en ont le temps et la compétence devront consacrer du temps au décryptage des nouvelles législations votées par notre Parlement. C’est un acte de résistance. Parce qu’à n’importe quel moment peuvent surgir de nouvelles lois Rothschild. L’arrivée de Macron au pouvoir en est l’augure.

Philippe Val célébré dans les colonnes de « Valeurs Actuelles »

Dans sa publication du 9 février 2017, « Valeurs Actuelles » accueillait dans ses pages les écrits de Philippe Val. Quatre pages bien choisies, s’il vous plaît, d’un pamphlet intitulé « Cachez cette identité que je ne saurais voir ».

Valeurs Actuelles, média de droite, offre une tribune à Philippe Val ancien directeur de Charlie Hebdo

L’espace attribué, a pris lui le titre « Une mélancolie  juive ». Et pour cause, il est une célébration au spleen de Val qui souffrirait dans son âme d’être mal aimé parce qu’il aime Israël et la communauté juive. Cette souffrance doit être terrible dans la société actuelle !

Val :  « des complotistes ahuris« …

Philippe Val, ancin directeur de Charlie Hebdo

Philippe Val avait licencié son collaborateur Siné pour « antisémitisme » à la suite d’une chronique sur Jean Sarkozy en juillet 2008.

 

Il a de bons mots qui ont le mérite au moins de nous faire rire. Par exemple avec ces lignes : « Et quand je pense qu’il y a encore des complotistes ahuris, et pas des illettrés, qui croient que les juifs tiennent les médias ! Mais mes pauvres ex-amis, si les juifs tenaient les médias, vous croyez qu’on en serait là ? » 

 

Qu’en aurait pensé Raymond Bourgine fondateur de Valeurs Actuelles?

Mais le plus drôle est dans l’hospitalité offerte par « Valeurs Actuelles » à un Val, ancien directeur de « Charlie Hebdo » affichant de plus des idées d’extrême gauche longtemps sans compromis. Raymond Bourgine, fondateur de Valeurs, comme on dit, et du « Spectacle du Monde » était aussi un partisan actif de l’Algérie française. Il doit taper dans son cercueil pour leur dire d’arrêter.

Mais quelle est la raison de cette hospitalité à l’endroit d’un gauchiste extrémiste?

En fait, la ligne pro sioniste de Valeurs n’a fait que s’affirmer avec le temps. Même le rachat du titre en avril 2015 par un marchand d’armes libanais chrétien, Iskandar Safa, n’a pas changé cette inclination. Le passage de Val dans les colonnes de Valeurs prouve une chose : son amour aveugle d’Israël et de la communauté juive lui y servent de passeport.

Les salafistes ont appelé à voter Macron

Fatwas salafistes et élections présidentielles en France

Début mai, surgissait dans plusieurs médias la dénonciation du recours aux fatwas (1) d’un cheikh intégriste saoudien pour appeler les musulmans de France à voter Macron. Il s’agit de Mohammad ibn Salih ibn Uthaymin, appelé couramment Uthaymin, une personnalité religieuse de premier plan en Arabie Saoudite, ce jusqu’à sa mort en 2001. On pourrait s’en réjouir croyant ce cheikh s’étant rallié au jeu de la démocratie.
Et pourtant !

Voter dans les pays « mécréants« , chez nous pour eux, peut-être licite à certaines conditions

Quand, il prononça sa fatwa, Uthaymin affirma tout d’abord illicite le vote des musulmans dans nos pays de « mécréants », pour reprendre son expression. Néanmoins, passant outre à son premier interdit, il appelait ses coreligionnaires à voter si l’un des candidats menaçait les musulmans. Il évoquait le risque de l’expulsion ou des prohibitions en matière religieuse. Voter, était alors, selon lui, un moindre mal.

Empêcher le Front National d’accéder au pouvoir

En France, s’appuyant sur son raisonnement, des imams intégristes dits salafistes ont appelé à voter Macron au cours de leur prêche du vendredi. Ils invoquaient la « nécessité » d’empêcher le Front National et Marine Le Pen d’accéder au pouvoir au nom de la théorie « du moindre mal ».

Uthaymin, un inspirateur de Ben Laden

Le recours aux fatwas d’Uthaymin sent pourtant le soufre. Oussama Ben Laden, faut-il savoir, en a utilisé certaines pour justifier sa « guerre sainte » contre l’Occident. On m’opposera qu’Uthaymin n’est pas responsable de la récupération de ses fatwas par des tiers. Vrai, mais pour être reprises par des terroristes, encore faut-il qu’elles se prêtent à leur idéologie et à leurs desseins.

Sur ce plan, l’une de ses conférences nous apparaît particulièrement néfaste.
Elle a été prononcée en octobre 1994 à la mosquée d’
Oneiza en Arabie Saoudite. Sous l’intitulé « L’interdiction de tuer des femmes et des enfants à la guerre » (2) , il est dit : « S’ils (nos ennemis) nous l’ont fait, s’ils ont tué nos enfants et nos femmes, pouvons-nous tuer les leurs ? » L’avis prononcé fait frémir. « Il apparaît qu’il nous est permis de tuer leurs femmes et leurs enfants, même si cela nous cause un préjudice nous empêchant de les réduire en esclavage. Car, les réduire en esclavage diminuerait nos chances de briser le cœur de nos ennemis, de les affaiblir et de les rabaisser. Ceci plus généralement en raison des admonestations d’Allah  quand il dit : « Usez de réciprocité à l’égard de quiconque marque de l’hostilité contre vous (2) »

Interprétation toxique du Coran…

Uthaymin parlait en intégriste qui interprète le Coran de manière littéraliste. Un musulman sensé lui répondrait : « À vous écouter, si nos ennemis pratiquent le cannibalisme sur leurs prisonniers, nous en serions réduits à pratiquer de même à leur égard. On ne répond pas à l’horreur par l’horreur. Le Coran interdit le meurtre des non-combattants ». C’est, savons-nous, l’opinion de la majorité des musulmans et des uléma.

Que des imams exerçant en France s’appuient sur un cheikh saoudien estimant la pratique de l’esclavage une affaire normale, nous semble atterrant. Que les pouvoirs publics de notre pays ne réagissent pas nous semble encore plus inquiétant.

Mais un train peut en cacher un autre. Parmi les noms d’imams coupables à nos yeux de recourir aux fatwas d’Uthaymin, figure le nom de Noureddine Aoussat. Là, surprise, nous le connaissons en effet pour la modération de ses propos et son appel à l’intégration des musulmans dans la République.

Uthaymin a dit « wajib« 

montage photo d'Aoussat et Uthaymin, polèmique à propos du vote en France

L’image de présentation de la vidéo de « Raton Obscur« , « Uthaymin a dit wajib« .

Faisant une recherche, nous découvrons sur Internet une vidéo (3) sous le titre « Uthaymin a dit wajib ». La photo de présentation est un montage associant les visages du Saoudien et d’Aoussat. Cependant, quand on écoute le texte, si on entend des extraits en arabe d’Uthaymin, la partie en français est dite par un francophone anonyme qui critique un prêche d’Aoussat. Pire, cet anonyme tient un discours salafiste de refus de notre pays.

Cette vidéo a servi à certains journalistes pour incriminer Aoussat. En fait, il a été monté par une personne se donnant le nom de « Raton Obscur ». Sous ce pseudo d’un goût douteux, et en toute liberté remarque-t-on, elle multiplie les commentaires salafistes les plus agressifs et anti-occidentaux sur Internet.

Décidément, le métier de journaliste n’est plus ce qu’il était quand des professionnels se font piéger aussi facilement par des amateurs. De plus, laisser prospérer sur Internet des prédicateurs vénéneux relève, de la part des autorités, de l’inconscience la plus coupable.  On a le sentiment que les attentats ne leur ont rien appris.

 

Notes

  • (1) Une fatwa, chez les sunnites, est un avis juridirico-religieux émis par un « savant » en matière religieuse ou « alem » (ouléma au pluriel).
  • (2) Il s’agit d’un passage du verset 194 de la sourate II du Coran. Nous utilisons la traduction du cheikh Si Boubakeur Hamza.
  • (3) Sur Youtube.