Palmyre: les pierres ou la vie?

A la suite de l’émotion suscitée par la capture de Palmyre, en Syrie, par les combattants de Daech (le prétendu Etat islamique), nous reprenons les termes du communiqué de la représentation de « La Révolution syrienne en France« .

Le Peuple syrien avant Palmyre

Depuis plus de quatre ans, le monde entier reste quasi inactif devant les massacres et les déplacements massifs subis par le peuple syrien. Un peuple qui a été abandonné face à la machine de répression du régime syrien.

Pendant tout ce temps, ce peuple a perdu près d’un demi-million de martyrs, pour la majorité des jeunes, les villes ont été détruites et vidées de plus de la moitié de leur population, les laissant sans défenseurs.

N’appeler qu’à sauver la ville de Palmyre, après avoir abandonné le peuple syrien, nous  apparaît immoral. En vérité, si des villes qui font partie du patrimoine de l’humanité tombent entre les mains des obscurantistes de Daech, c’est parce que le monde entier a plusieurs fois échoué face au drame syrien.

Ne vous trompez pas d’objectif encore une fois. C’est le peuple syrien qu’il faut sauver d’urgence, parce que de son avenir dépend aussi la sauvegarde d’une partie du patrimoine de l’humanité.

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CENTRAFRIQUE : QUI SONT LES ACCUSATEURS DES SOLDATS FRANCAIS ?

D’après les éditions du 30 avril de nos journaux, au moins 14 soldats français se seraient livrés à des actes de nature pédophile, qualifiés de viols, sur de jeunes garçons africains, en République Centrafrique, au cours de l’année 2014.

Je ne suis pas informé pour juger de la véracité des faits.

Néanmoins, cette affaire m’en rappelle d’autres. Quand, par exemple, lors de voyages en Afghanistan dans les années 2000, j’ai entendu des accusations portées contre les soldats allemands dans le nord du pays, ou contre les organisations humanitaires occidentales à Kaboul. Elles se sont avérées fausses.

Il en était de même quand je me rendais en Afghanistan auprès de la résistance, dans les années 80, pendant l’occupation soviétique. Des radicaux islamistes arabes cherchaient à y flétrir la réputation des médecins des ONG françaises en affirmant qu’ils se livraient à des actes contre nature sur les femmes afghanes.

Aussi, avant de tenir pour sûres les accusations lancées contre les soldats français à Bangui, suis-je prudent. Sans a priori mais afin de se donner les meilleures chances d’évaluer les informations, il faut aussi savoir d’où viennent ces accusations.

Les Nations Unies n’ont fait que diligenter une enquête au printemps 2014. Un de leurs fonctionnaires, Anders Kompass, considérant que l’affaire ne progressait pas assez rapidement, a envoyé le dossier à la justice française en 2014. Pourquoi parvient-elle seulement aujourd’hui à nous ?

Le 29 avril, « The Guardian », journal britannique, faisait un scoop en dévoilant les accusations dans ses colonnes. La rédaction avait reçu un rapport des mains d’une certaine Paula Donovan, co-directrice de l’ONG américano-canadienne « Aids Free World».

« Aids Free World » apparaît à l’origine du rapport accusant les Français. C’est une organisation basée à New York et travaillant à l’information sur le SIDA et sa prolifération dans le monde. Elle a été fondée en 2007 par Paula Donovan, une activiste féministe, tendance idéologique qu’elle partage avec la plupart des membres de la direction.

L’autre cofondateur de l’ONG s’appelle Stephen Lewis. Il appartient à une famille de notables juifs canadiens et a épousé Michele Landsberg, elle aussi activiste féministe et très impliquée dans la pratique religieuse juive réformiste qui intronise des rabbins de sexe féminin.

Lewis, né en 1937, a d’abord cherché à percer dans le monde politique avant de faire une carrière diplomatique puis de servir dans les agences des Nations Unies.

On ne peut exonérer nos soldats de toutes fautes sans une enquête approfondie. Celle-ci est même nécessaire, qu’ils soient coupables ou non.

Néanmoins, il convient aussi de s’interroger sur la crédibilité de « Aids Free World ».

Certes, le couple Lewis jouit d’une réputation de respectabilité dans sa bonne ville de Toronto. Néanmoins, les responsables d’« Aids Free World » peuvent avoir été abusés, leur militantisme offrant un terrain fertile pour la manipulation. Un brin d’antimilitarisme, ajouté à un zeste de très anglo-saxonne francophobie, aura pu faire le reste. L’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions… d’ONG ?

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Question à Bernard-Henri Lévy

Citation

Dans le Parisien du 29 avril, Bernard-Henri Lévy répond aux questions posées par Frédéric Gerschel. On se souvient de la manière dont Lévy a agi en mars 2011, appelant à une intervention militaire contre Mouammar Kadhafi, le dictateur libyen.

A cette époque, Lévy aurait pu avoir raison, s’il avait considéré l’intervention militaire comme une des composantes de l’action politique à mener. Si, comme cela devrait être le cas pour toute opération conduite au nom du droit, les meneurs de l’attaque avaient eu pour objectif prioritaire d’apporter « un mieux » en Libye. Mais le pire a été engendré. Comme en Irak avec les Américains.

A la vue de l’anarchie régnant en Libye, Lévy a pourtant dit au Parisien, n’éprouver « aucun regret ». « Car, affirme-t-il, Kadhafi c’était déjà le chaos, déjà l’absence d’Etat ».

Non Monsieur Lévy ! Certes Kadhafi imposait une dictature fantasque. Cruelle même. Nous nous souvenons des crimes perpétrés sous ses ordres. Nous n’avons pas oublié le traitement infligé aux infirmières bulgares. Mais un ordre minimum régnait. L’Occident avait même réussi à contenir Kadhafi, d’où la cessation de l’embargo contre la Libye en décembre 2003.

Rappelons-le : On pouvait circuler dans le pays. Les flux migratoires venant d’Afrique noire, relativement maîtrisés, Kadhafi empêchait à des désespérés de s’entasser dans des bateaux poubelles pour tenter de rejoindre nos côtes.

Mieux, les islamistes dont vous dénoncez les excès quand cela vous arrange, Kadhafi et son fils Seif Al-Islam étaient parvenus à en prendre le contrôle. Par la force, certainement, mais aussi par des moyens plus « humains », en les achetant et en les intégrant à la vie civile.

Or, ces islamistes ont constitué le fer de lance du soulèvement contre le pouvoir. Vous ne pouviez pas l’ignorer car vous les côtoyiez en Libye. Y compris des radicaux. Impossible donc de ne pas voir le risque qu’ils signifiaient pour le pays.

Alors vous admettez, « C’est vrai qu’il y a eu défaillance, qu’on a eu tort de croire que l’affaire était réglée sous prétexte que le dictateur était défait… »

Un peu facile ! Si le grand politologue que vous êtes ne pouvait pas prévoir ce qu’un modeste journaliste avait compris, c’est à désespérer.

Or, sans être prophète, à la suite d’un déplacement à Tripoli en mars 2011 , j’avais mis en évidence le danger islamiste. J’avais même approché des politiques français pour essayer de défendre l’idée d’une négociation avec l’entourage de Kadhafi. Afin d’obtenir une transition de pouvoir en douceur et pour empêcher une montée aux affaires des islamistes.

Ce n’est pas une utopie. Nous, Français, avions les hommes et les moyens d’y parvenir en jouant, d’une main de la pression militaire, de l’autre nous servant de nos divers contacts sur le terrain. J’ai vite compris que l’objectif n’était que de se débarrasser de Kadhafi. Sans doute de préférence de l’éliminer physiquement. Fallait-il l’empêcher de parler ?

Ceci dit, j’aimerais vous poser une question : Qui vous a demandé de susciter, sinon d’amplifier, le chaos libyen ?

Lire aussi: Al-Qaïda en Libye

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